Les derniers des Mohétangs
J’ai connu ce quartier lorsque chaque maison y abritait un pêcheur. Ce métier se perpétuait de père en fils, les femmes allant quant à elles vendre le fruit de la pêche en ville.
Un micro village, comme une corne dans l’étang de thau. Un peuple rude, parfois bagarreur, souvent galéjeur, toujours solidaire.
Ils y pratiquaient une pêche artisanale, que l’on pourrait qualifier de raisonnable. Certains se sont diversifiés avec l’ostréiculture, anticipant déjà le déclin du vivant.
Aujourd’hui, il ne reste qu’une poignée de pêcheurs, les nacelles flottent toujours à l’ombre des filets, mais à l’aube, elles sont peu nombreuses à prendre vie.
Avec la flambée de l’immobilier, les jeunes ne peuvent plus habiter les maisons hérités, l’occitan ne danse plus de ruelles en ruelles, les restaurants remplaçant les cafés et le folklore la tradition.
Et pourtant en y retournant, j’arrive à retrouver l’ambiance d’antan, cette ambiance immortalisé par Agnés Varda lors de son premier long métrage.
Il faut gratter, ne garder que l’essentiel, lire le passé dans les mains abîmées par les cordes et le sel.
Voir au fond des yeux l’âme du quartier, de mes amis d’enfance les pointus.


















